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[Décryptage] Programme Au Pair au Royaume-Uni : « Skilled Worker Visa », une nouvelle voie sans issue ?

Article publié le mercredi 10 fevrier 2021


Depuis la mise en œuvre effective du Brexit au 1er Janvier dernier, les placements d’au pairs européens au Royaume-Uni sont bloqués par l’absence de visa dédié à ce public.

Récemment, le gouvernement britannique a intégré les au pairs au sein de la catégorie professionnelle 6122 consacré aux métiers de la garde d’enfants, leur octroyant ainsi le statut de travailleurs qualifiés et leur permettant à ce titre d’être éligibles au « Skilled Worker Visa ».

Si cela vous semble être une bonne nouvelle, ne vous y trompez pas : non seulement le « Skilled Worker Visa » ne convient pas aux spécificités du programme au pair, mais il semble également inutilisable de par ses conditions d’octroi…

En premier lieu, on pourrait se poser des questions sur la volonté de dénaturer le programme au pair : il ne s’agit plus d’un échange culturel et linguistique, mais bel et bien d’un travail. Induisant donc un cadre strict, des obligations administratives, financières et légales, une rigueur qui nous amène bien loin de la flexibilité offerte habituellement par ce type de séjour. Un cadre qui risque également de déteindre sur la relation entre au pairs et familles d’accueil, puisque l’au pair auparavant considéré comme un nouveau membre de la famille sera désormais un employé.

Il y a ensuite la question des critères d’obtention du visa qui sont, pour un au pair, inatteignables :

  • Avoir un sponsor et justifier d’une rémunération minimum de 20.480£ par an : ce qui représente des frais exorbitants pour les familles d’accueil, qui devront payer les frais pour être sponsor (364£ par au pair) et verser à leur au pair un salaire environ 5 fois plus élevé qu’avant. Financièrement inenvisageable pour les familles d’accueil.
  • Justifier d’un niveau d’anglais B1 : ce qui induit une nouvelle démarche pour les au pairs qui devront obligatoirement passer un test d’anglais auprès d’un organisme accrédité par les autorités britanniques. Signifiant également la mise à l’écart de nombreux postulants qui n’ont pas ce niveau.
  • Avoir 1270 livres (environ 1400€) en épargne depuis au moins 28 jours consécutifs, servant à prouver que l’au pair est autonome financièrement et pourra subvenir à ses besoins une fois sur le territoire britannique.
  • Être en mesure de s’acquitter des frais de Visa et de participation au NHS (le système de santé britannique) : représentant pour les jeunes au pairs des coûts supplémentaires bien trop importants (Coût du Visa pour un ressortissant français : 555£, coût de la participation au NHS : 624£ par an). Soit un budget d’environ 1300€ (auquel il faudra également ajouter les frais d’agence et les frais liés au voyage).

La question de la circulation des au pairs européens au Royaume-Uni n’est donc toujours pas réglée à ce jour. La BAPAA (l’association britannique des agences au pairs) continue ses actions auprès de leur gouvernement pour débloquer la situation. Nous restons en contact avec nos partenaires britanniques et vous tiendrons au courant des évolutions de la situation. La bataille est réellement engagée pour que le programme au pair conserve sa dimension d’échange culturel et linguistique et ne soit pas assimilé à un travail qualifié.